Les « Familles à Alimentation Positive »

En France la cuisine est un sujet qui touche tout particulièrement à l’identité, à la fierté. Dans ces conditions, prétendre faire évoluer les pratiques alimentaires (saison, proximité, bio etc…) peut être perçu comme une intrusion. Aussi, quelques soient les populations que l’on souhaite accompagner, les objectifs fixés et la méthodes doivent être calibrées avec délicatesse et humilité… pour espérer des résultats ambitieux. Le programme Défi familles à alimentation positives, que s’apprête à lancer le GRAINE Centre-Val de Loire (réseau régional d’éducation à l’environnement) semble avoir compris cet enjeu. L’un des signes qui permettent d’être optimiste à propos de ce programme est son choix de passer par les centres sociaux et associations locales : ils inviteront eux-mêmes les familles à participer à ce défi, afin de toucher un très large public, y compris les familles défavorisées. Il s’agit du premier Défi Familles à Alimentation Positive à l’échelle de la région Centre-Val de Loire. 150 familles du territoire seront amenées à se questionner sur leurs habitudes alimentaires, découvrir l’alimentation biologique, locale et de saison, comprendre les enjeux environnementaux et de santé liés à cette thématique et s’approprier de nouvelles pratiques. Les organisateurs parient sur une approche ludique, ancrée localement et adaptée à chaque foyer, pour la prise en compte de ces enjeux. Les objectifs visés semblent atteignables : accompagner les familles vers +30% de produits biologiques et +20% de produits locaux dans leurs achats, sans alourdir le budget qu’ils allouent habituellement à l’alimentation. Plus largement il s’agit de rendre accessible à tous la possibilité de « bien manger », d’impulser une transition alimentaire et agricole afin d’avoir un impact sur la pollution des eaux et des sols en consommant des aliments sans pesticides, mais aussi de favoriser le lien social, entre consommateurs et producteurs comme entre les consommateurs. A terme, cela pourrait aboutir à la mise en place d’AMAP, de Cantines des parents, de jardins partagés etc… Une action à suivre de prêt !

Gaël Faure : chanteur, colibris et ardéchois

Ceux qui viennent régulièrement à la Bio dans les Etoiles – notre événement phare qui fêtera ses dix ans au printemps prochain – savent que la Fondation Ekibio a ses racines en Ardèche. Aussi nous sommes particulièrement sensibles au travail du chanteur Gaël Faure qui, à travers des textes et des musiques à la fois simples et aussi fins et subtiles que de la dentelle, nous immergent dans les paysages ardéchois et nous entraîne dans un retour à la terre, une immersion naturaliste, un voyage dont on aimerait ne pas revenir. Mais la fibre verte de cet artiste ne s’arrête pas là : il est impliqué aux côtés des Colibris et ce de manière très concrète. Il a notamment participé à la tournée « Le chant des colibris » avec Alain Souchon, Matthieu Chedid ou encore Dominique A. « Je me suis engagé auprès d’eux parce que j’étais en total accord avec leur philosophie » répond-il a la journaliste de Kaizen qui l’a récemment interrogé à ce propos. « J’ai réalisé que l’on prenait beaucoup à la terre sans forcément lui rendre, alors qu’il faut la soigner et la respecter, retrouver un rapport sain entre l’humain et la nature. Car à notre échelle, à notre manière, on peut faire notre part. » Le lien à la terre semble une composante à part entière de l’ADN du jeune chanteur qui est fils d’agriculteur et a intitulé son prochain album Regain et le premier extrait à découvrir : La saison. Pour en savoir plus, lisez son interview pour Kaizen ici et écoutez sa musique :

Gaël Faure : la musique pour questionner notre rapport au vivant

Connaissez-vous le festival Alimenterre ?

Organisé chaque année autour d’une sélection de films et de débats il se déroule du 15 octobre au 30 novembre dans de nombreux pays. Cet événement amène les citoyens à comprendre les causes de la faim et à se mobiliser pour l’accès de tous à une alimentation suffisante et de qualité en France et dans le monde. Proche par ses choix thématiques de notre festival La Bio dans les Etoiles, il réunit ceux qui œuvrent pour une alimentation saine accessible à tous. 

Brèves d’Octobre

Breve

 

1/ Que se passe-t-il quand on passe du conventionnel au bio ?

Greenpeace Japon a souhaité répondre à cette question en aidant une famille habituée à des repas « classiques » à franchir le pas. En mesurant le taux de pesticides présents dans l’organisme de cette mère et ses deux enfants, l’ONG a déterminé que presque tous les pesticides avaient disparu… En particulier chez les enfants qui avaient au départ un niveau particulièrement élevé de pesticides dans le sang. Une nouvelle qui ne peut pas être mauvaise pour le développement de leur cerveau très sensible aux neurotoxiques.

 

2/ Pas égaux face aux choix alimentaires.

Des études de plus en plus nombreuses montrent que nos pratiques alimentaires plus ou moins saines découlent des origines sociales et que la malbouffe frappe prioritairement les petits budgets. La dernière en date est celle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Une étude d’ampleur qui analyse de manière minutieuse les comportements et habitudes alimentaires des Français. Les produits bio sont particulièrement concernés : un individu exerçant la profession de cadre ou ayant au minimum le bac en consomme deux fois plus qu’un ouvrier ayant arrêté son cursus au collège ou au lycée. L’ambition de la fondation est notamment de faire changer cette situation. C’est possible !

 

3/ Soutenons Terre de lien !

Dans le cadre de sa nouvelle campagne d’épargne solidaire la Foncière Terre de lien – qui lutte pour la préservation des terres agricoles – a mis 67.632 nouvelles actions sur le marché, au prix de 103,50 euros. L’objectif est de réaliser une levée de fonds de 6 millions d’euros afin de poursuivre l’achat de terres et de bâtiments agricoles destinés soutenir l’agriculture biologique. Pour ceux qui hésiteraient, il est bon de rappeler qu’en dix ans l’association a acquis 142 fermes à travers la France.
 Elle étudie 1.000 projets d’installation par an.

 

Le jardin bio des réfugiés

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De la rencontre entre écologie et solidarité naissent parfois d’incroyables réalisations qui montrent que le bio ne se résume pas à une étiquette ni à une méthode agronomique. Toute l’histoire commence avec un retraité, Jacques Lenoir, ému par le sort des réfugiés qui arrivent en France, démunis. Il décide de mettre à leur disposition une parcelle de terre où ils cultivent des légumes et des herbes aromatiques. Il ne s’agit pas d’une impulsion, cet homme de 67 ans qui habite à Vichy a déjà suivi une formation pour défendre les migrants qui font appel de leur refus du droit d’asile. Il a également ouvert l’antenne d’une association luttant pour que les exilés de sa ville aient un espace juridique où se référer.

Dans sa première vie ce professionnel du bâtiment avait une situation plutôt aisée mais en 2013 tout bascule lorsqu’il échappe à la maladie et décide de se consacrer aux autres et à la terre. Outre son engagement pour les réfugiés il s’offre alors un stage chez Pierre Rabhi. Le jardin partagé des migrants est donc bio. Et ce n’est pas pour déplaire aux jardiniers soudanais, afghans ou français qui en prennent soin et cuisinent parfois les récoltes.

Le succès de cette initiative est aussi lié à l’antenne locale des « Jardins de Cocagne » qui a notamment fourni des graines, des plants, et un peu de temps pour donner de bonnes bases au jardin. Celui-ci est implanté sur un terrain de deux hectares ce qui offre de belles perspectives. Ceux qui le fréquentent se réjouissent de du calme qu’il offre. Un lieu où la nature facilite donc la rencontre et où les vichyssois ont plaisir à venir. Quand on ne jardine pas ici on joue de la musique sous les arbres et les soucis s’envolent le temps d’un chant, d’un morceau. Une histoire qui donne envie de s’engager !