Archives mensuelles : novembre 2016

Brèves d’Octobre …

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1/ L’INRA loue les bienfaits de la permaculture au Bec Hellouin.

Cette ferme est un véritable modèle qui reçoit chaque année de nombreux visiteurs. Mais est-elle vraiment productive et viable économiquement ? C’est la question à laquelle, après quatre ans d’observation, le chercheur François Léger a répondu. « Réalisée en conditions réelles de production et de vente, l’étude a été menée de 2011 à 2015, indique l’INRA. A partir des données récoltées, les modélisations montrent que, en fonction du niveau d’investissement et d’intensification, 1000 m2 dégagent un revenu horaire variant de 5,4 à 9,5 € pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures. Le revenu agricole net mensuel correspondant, de 900 à 1570 €, apparait tout à fait acceptable, voire supérieur, au regard des références couramment admises en maraîchage biologique diversifié » conclut l’Institut Nationale de la Recherche Agronomique. Une bonne nouvelle.

 

2/ Une BD bio.

Comment attirer l’attention du public sur la crise écologique ? Comment utiliser des supports inhabituels pour expliquer des enjeux aussi complexes que l’impact des OGM de manière simple ? La culture peut-elle aider à la sensibilisation aux questions d’environnement ? Depuis quelques années, Fabien Rodhain répond à ces défis à travers des pièces de théâtre à vocation pédagogiques et des bandes dessinées décryptant les enjeux de l’agriculture à travers des intrigues captivantes. Le tome 2 de sa saga familiale « Les seigneurs de la terre », intitulé « To bio or not to bio » en offre à nouveau un bon exemple : il nous plonge dans le parcours initiatique d’un jeune avocat qui se lance dans l’agriculture biologique. Son père, président de la coopérative régionale lui met des batons dans les roues, les banques renâclent à financer le projet et la terre est polluée… Rebondissements garantis !

 

3/ De bons plats et des ateliers de cuisine pour les réfugiés.

Coincée entre l’autoroute et la voie de chemin de fer non loin de Calais, le camp de La Linière a vu émerger un projet plein de bon sens : Le Recho. Une dizaine de jeunes femmes passionnées de cuisine ont installé leur camion et cuisinent pour et avec les réfugiés 150 repas le midi et 450 le soir. Pour y parvenir elles collectent les invendus des supermarchés et les dons d’une campagne de financement participatif, mais elles cuisinent aussi des plats végétariens. Une initiative qui associe anti-gaspillage et solidarité. Bravo !

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Annonay : une petite ferme pour une grande biodiversité

montalivetLa permaculture se propage à travers le pays à une vitesse que nul n’aurait soupçonnée quelques années en arrière. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Parmi eux la réussite de Charles et Perrine Hervé Gruyer à la ferme du Bec Hellouin, Rob Hopkins ancien professeur de « perma » qui applique avec succès ce principe à l’organisation des Villes en Transition, ou encore le film Demain qui réunit ces personnalités et d’autres. Tous ces exemples ont accéléré la sensibilisation autour de la permaculture. La vague n’a pas épargné Annonay qui compte entre autres un projet, Les Jardins de Montalivet, dont les initiateurs ont bien compris que cette démarche dépasse l’agriculture.

Certes le travail de la terre est au coeur de ce principe. Selon Martine Laquet et Romain Evrard, les initiateurs de cette micro-ferme de 6.000 mètres carré « il s’agit de bien réfléchir en amont à l’agencement des différents éléments du système afin de lui permettre de créer des interactions qui feront émerger tout leur potentiel, explique Romain. Autrement dit chaque équipement occupe une place optimale : les eaux pluviales et les excédents hydriques sont par exemple canalisés vers une zone favorable à la culture de plantes qui aiment l’humidité (menthe, cresson…) ou encore les amenant vers une mare dans le but de créer un écosystème propice à la présence d’auxiliaires bénéfiques au jardin. Par ailleurs chaque élément a plusieurs fonctions : la mare – créée avec les excédents d’eau – permet d’arroser les planches de cultures et favorise un micro-climat qui va tempérer une zone sèche. Cette dernière pourra alors abriter une faune et une flore de zone humide… »

Ces techniques permettent à de petits systèmes d’être riches et foisonnants. Plus largement, aux Jardins de Montalivet la matière organique est considérée comme un facteur essentiel qui favorise la fertilité du sol et la création d’humus. Ici les fermiers travaillent sur planches et buttes permanentes ce qui permet de générer et maintenir une structure de sol optimale.

Mais la permaculture ne se réduit pas à une technique agricole : Les Jardins de Montalivet sont aussi un lieu de vie où plusieurs générations se côtoient, de 2 à 62 ans en partant du principe que chacun a des compétences qui contribuent grandement à la richesse et à la durabilité du système, d’autant que le travail manuel est ici favorisé à chaque fois que possible.

En somme ce projet a de quoi attirer tous les habitants du bassin Annonéen. Reste à savoir quand ils pourront en profiter pleinement : « La phase de mise en place a été initiée en 2016 avec l’obtention du label AB et se poursuivra en 2017 répond Romain Evrard. Lorsque l’installation sera terminée, nous proposerons en toutes saisons, aux particuliers et aux restaurateurs, une gamme de légumes rares ou anciens et une grande variété de plantes aromatiques ajoute-t-il. » Un projet à retrouver dans les actualités de la Fondation Ekibio.

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Monsanto coupable !

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Le Tribunal Monsanto s’est tenu à La Haye, aux Pays-Bas du 14 au 16 octobre. Cinq juges de renommée internationale ont entendu vingt quatre témoins ainsi que des experts venus du monde entier. Parmi les organisateurs et les intervenants figuraient de nombreuses personnes sources de la Fondation : parrains ou intervenants de la Bio dans les Etoiles, dont Gilles Eric Séralini, Marie Monique Robin, François Veillerette, Olivier De Schutter ou encore Vandana Shiva. L’objectif du Tribunal était de livrer une opinion juridique sur les dommages sanitaires et environnementaux causés par la multinationale Monsanto, afin de contribuer au débat visant à inclure le crime d’écocide dans le droit criminel international. Cet événement permet également de mettre à disposition des populations un dossier légal pouvant être utilisé dans des poursuites contre Monsanto et des entreprises similaires.

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Fourche & fourchette

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Journaliste pour Arte et le Monde (et invitée de la Bio dans les Etoiles 2016) Camille Labro explore les confins de la cuisine écologique et de la gourmandise. Soucieuse de ne jamais léser l’un de ces deux aspects, elle marche sur une ligne de crête qui l’a naturellement conduite à écrire « Fourche & fourchette ». Selon elle, une assiette de grand chef ou une recette maison réussie a forcément derrière elle de bons produits, cultivés par des paysans passionnés. « Ce sont ces gens-là, surtout, qui m’intéressent, me fascinent, m’émeuvent, écrit-elle en introduction. Ces petits producteurs à contre-courant des tendances mondialisées, s’opposant comme autant de Davids aux Goliaths de l’agro-industrie. Dans leurs champs, leurs potagers, leurs étables ou leurs ateliers, ces hommes et ces femmes abattent, tous les jours, un travail colossal : sans eux, notre alimentation serait triste, insipide, dénuée de plaisir et de vie, rappelle Camille Labro. Jeunes ou plus vieux, néo-ruraux inventifs ou héritiers de traditions anciennes, ils aiment ce qu’ils font, avec passion, fierté et savoir-faire. Ils sont maraîchers, jardiniers, éleveurs, boulangers, explorateurs de techniques agro-écologiques, permacoles ou biodynamiques. Mais ils sont, avant tout, paysans. »

Ces pages très bien écrites nous emmènent d’une ferme à l’autre, au gré des personnalités qui animent ces lieux. En parallèle les recettes concoctées par ces paysans-cuisiniers, expriment toutes les saveurs de ces projets inspirants, de ces belles âmes. Les photos associent subtilement grands espaces, réalités brutes de la vie à la ferme, portraits et photos de plats. Entre les odeurs de prairies et les saveurs des recettes, les sens ouvrent les voies de la conscience. Un pari rare et réussi.

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