Archives mensuelles : mai 2016

Un festival pour réenchanter l’alimentation

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Un théâtre plein qui s’adonne à un exercice de méditation avec France Guillain et Patrick Viveret ; de jeunes festivaliers qui apprennent à fabriquer une fameuse pâte à tartiner chocolatée sans utiliser la moindre huile de palme ; une rencontre aux allures de symbiose entre Thierry Janssen et Pierre Rabhi ; une restauration locale, bio et de saison – et à petit prix! – qui met nos paroles en actes… La Bio dans les Etoiles c’est tout cela à la fois et l’édition qui s’est déroulée en avril en fût un bel exemple avec 3.000 entrées enregistrées. Merci à vous tous !

Après deux soirées durant lesquelles le théâtre a accueilli Pascal Légitimus puis projeté le film Demain, le festival s’est immédiatement ancré dans une dimension concrète avec la cheffe Laurence Salomon. Elle a inauguré la journée du 15 avril en faisant la démonstration que chacun peut manger une cuisine écologique et saine, pleine de plaisir et de bonheur, sans dépenser plus. L’astuce ? Des préparations valorisant les protéines végétales plutôt qu’animales, réduisant les déchets, utilisant des produits complets…. Le public nombreux a pu – dégustation à l’appui – constater que « La cuisine sans nuire ni se ruiner » est bel et bien possible. L’après midi, une rencontre entre deux icônes – France Guillain dans le domaine de la nutrition et Patrick Viveret en philosophie – a produit l’un des moments les plus agréables du festival. L’univers de ces deux grands esprits comprenait un territoire commun : l’hédonisme. La projection d’un épisode de la série « Le bonheur est dans l’assiette » portant sur le restaurant La Grenouillère nous ensuite a immergé dans les arcanes d’un restaurant qui frappe autant par son architecture que par son engagement pour le terroir et le bon goût.

Enfin Pierre Rabhi et Thierry Janssen qui ne s’étaient jamais rencontrés en duo sur scène ont révélé une complicité intellectuelle étonnante à propos des liens qui unissent notre alimentation à la terre et au bonheur. Un écosystème que ces deux penseurs ont su décrire tour à tour de manière scientifique, psychologique et poétique. De l’ensemble s’est dégagé un art de vivre à même de « Réenchanter l’alimentation ». Rendez-vous l’année prochaine. Et d’ici là, n’hésitez pas à regarder la vidéo de l’édition 2016 !

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Les enfants hospitalisés cuisinent avec Anne Sophie Pic

S’il est utile aux adultes, et aux jeunes – notamment les étudiants – de comprendre comment cuisiner de manière saine et bio, sans dépenser plus, c’est aussi indispensable pour les enfants. A fortiori ceux qui rencontrent des problèmes de santé : l’alimentation joue un rôle crucial pour se soigner et rester en bonne santé, et ce tout au long de la vie. Leur apprendre dès le plus jeune âge à tirer le meilleur parti de leurs repas s’avère essentiel. Par ailleurs les enfants sont particulièrement réceptifs aux animations culinaires. Dans ce contexte, la Fondation Ekibio apporte son soutien à l’association Kiwi qui crée des activités et des événements pour les enfants ou adolescents qui luttent contre la douleur, la souffrance, la maladie. « Ces actions permettent d’adoucir leur quotidien et apportent un souffle nouveau aux structures qui les encadrent » explique la fondatrice Catherine Thomas. Cette association a besoin de soutiens financiers : elle travaille uniquement avec des professionnels de l’enfance, éducateurs, professeurs des écoles, animateurs et personnel soignant. Or les actions menées par Kiwi ne sont jamais à la charge des familles ou des structures mais sont entièrement financées par l’association.

Récemment la Fondation a donc contribué à l’organisation d’une incroyable sortie offerte aux enfants des services gastro-hépato et nutrition pédiatrique du Groupement Hospitalier Est de Lyon. Sarah, Kevin, Rodolphe, Lina, Loane, Ambre, Dylan, Luc se sont rendus à l’école de cuisine de Anne Sophie Pic (marraine de la Fondation Ekibio et présidente d’honneur de Kiwi). Une magnifique bâtisse vitrée sur deux étages où elle organise toutes sortes d’ateliers (pâtisserie, hamburgers sains etc…) dans une cuisine où elle communique avec son public sans chichi. Au programme pour les enfants : la confection d’une tartelette citron. Toque sur la tête, tabliers noués, on déguste les ingrédients important (odorat, toucher, aspect, goût) avant de les cuisiner. Puis on monte les œufs en neige, on pile de la vanille, on pèse la farine etc… Un moment inoubliable loin des chambres d’hôpital, qui se termine par un repas au restaurant le Pic Blanc. Le temps est suspendu pendant cette journée et les papilles aux anges. Bravo à l’association Kiwi et aux cuisiniers en herbe pour leur participation très appliquée ! Revivez ces moments grâce au film qu’ils ont tourné eux mêmes :

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Vive le vrac !

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Est-il vraiment nécessaire d’emballer individuellement chaque fruit sous un film plastique avant de le mettre en rayon ? La peau qui le recouvre ne permet-elle pas déjà de le protéger ? Certes tous les emballages alimentaires ne sont pas aussi discutables et la plupart sont conçus pour permettre la bonne conservation des aliments et donc réduire le gaspillage. Du reste, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience des conséquences du suremballage qu’elles cherchent à limiter. Certaines excellent dans l’art d’épurer leur packaging sans ne jamais céder sur leurs exigences tant qualitatives qu’esthétiques. De leur côté les consommateurs, de plus en plus éclairés, abordent avec esprit critique les emballages superficiels qui n’existent parfois que pour être le support de messages publicitaires aux couleurs criardes. N’est-ce pas finalement le consommateur qui paye le coût de ce suremballage ? Lassés par cette offre inadaptée à leurs besoins certains ont décidé de favoriser au maximum les produits en vrac.

Pourquoi ne pas prendre cette bonne habitude ? Cela permet de n’acheter que les quantités nécessaires et d’éviter, lorsqu’on fait une recette par exemple, d’avoir à conserver des restes dans un placard. Autre avantage, ce choix implique également une réduction des déchets et souvent des prix inférieurs. Cette bonne pratique qui donne du sens à notre alimentation est de plus en plus facile à mettre en place au quotidien : en plus des magasins bio qui le pratiquent, 25 épiceries offrant uniquement du vrac se sont déjà montées en France. Pour ne rien gâcher il s’agit en général d’indépendants qui misent sur le bio ou le local. La Recharge (Bordeaux), Le Bar à Vrac (Marseille) en sont des exemples, tout comme Day by Day, première chaîne française dans ce domaine, où l’on trouve également des produits d’entretien et des cosmétiques. Ces commerces spécialisés se multiplient et pourraient dépasser la centaine d’ici un an ! Il existe même une « Vrac’Mobile » près de Rennes, créée par l’association Scarabée Biocoop. Ce camion aménagé pour proposer une large gamme de produits en vrac distribue 75 références et estime que ses prix sont inférieurs de 10 à 30% à ceux des équivalents emballés. Aucune raison d’hésiter !

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Gastronomiques ou rapides les restaurants réduisent la viande

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Pour être certains que leur discours écolo ne soit pas perçu comme une posture, certains grands chefs prennent des engagements précis et officiels qui, en plus de retenir l’attention, donnent un cadre à leur défi culinaire. René Redzepi, chef danois étoilé du Noma – élu meilleur restaurant du monde quatre années de suite – fait partie de ces personnalités. Jusqu’à présent, il s’astreignait à n’utiliser que des produits locaux sans omettre de préciser ce qu’il entendait par là : des matières premières venant du Danemark et des pays voisins : l’Islande, le Groenland, la Norvège, la Suède. Mais depuis peu, il a placé la barre un peu plus haut. René Redzepi a annoncé que son restaurant serait d’ici quelques mois exclusivement végétarien la moitié de l’année et au cœur d’une ferme urbaine dédiée à son approvisionnement, avec une cuisine de saison s’il vous plaît !

Mais les chefs étoilés ne font pas exception à ce jeu là et la cuisine à tendance végétarienne sort décidément de son cercle militant pour aborder le grand public et se débarrasser de son image austère pour être plus souriante. Ainsi une nouvelle entreprise de restauration rapide (livraison de plats cuisinés) appelée 20/80 a pour objectif de mettre les légumes au centre de l’assiette, plutôt que la viande ou le poisson, d’où son nom : les plats contiennent 20% de viande et 80% de légumes. Approvisionnement local, couverts seulement optionnels (réduction du gaspillage), viandes et poissons labellisés etc… : l’enseigne adopte une démarche transversale. Dommage qu’elle ne soit pas 100% bio. Demain peut-être ?

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Pierre Rabhi se branche sur la prise de conscience.

Bien sûr rien ne remplace l’expérience vécue d’une journée passée au festival La Bio dans les Etoiles à rencontrer, débattre, déguster, cuisiner, visionner… Mais cette vidéo nous permet à tous de (re)vivre quelques uns des temps forts de l’événement. Y compris les bons mots de Pierre Rabhi lorsqu’il compare la conscience à un flux électrique dont nous cherchons la prise murale !

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