L’agroécologie marche : pourquoi ne pas l’adopter ?

Avoir@FondationEkibio

On se souvient des travaux d’Olivier DeSchutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014 (et intervenant à la Bio dans les Etoiles 2015). Il avait alors apporté la preuve que l’agroécologie peut bel et bien nourrir le monde. Aujourd’hui co-président de l’ IPES-Food (Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables ), il persiste et signe avec ses collègues. L’organisation vient de publier un rapport intitulé « De l’uniformité à la diversité » sur les bénéfices que l’on peut attendre des pratiques agroécologiques, et la sortie de l’agriculture industrielle.

Toutes les données scientifiques plaident aujourd’hui pour un changement radical de système qui privilégie « la diversification des exploitations et des paysages agricoles, le remplacement des intrants chimiques, l’optimisation de la biodiversité et des interactions entre différentes espèces. » Sur cette nouvelle base, l’agriculture pourrait favoriser une meilleure fertilité des sols à long terme, des agroécosystèmes durables, et des moyens de subsistance sécurisés, à savoir, des «systèmes agroécologiques diversifiés».

Lorsque preuve est faite qu’un tel changement serait bénéfique, pourquoi ne pas en tenir compte ? Telle est la question qui concentre toute la richesse de ce rapport : il traite avec pertinence la question des freins au changement. Ils sont essentiellement politiques : le rapport montre que la structure même des systèmes alimentaires actuels ne bénéficie qu’à un nombre limité d’acteurs, renforçant leur pouvoir de s’opposer à une réforme d’ensemble. « Pour que ces alternatives puissent émerger au-delà de la niche qu’occupe aujourd’hui l’agroécologie, un changement au niveau des incitations politiques est requis » affirme ce panel d’experts. Mises ensemble, une série de mesures d’apparence modeste pourraient déplacer le centre de gravité des systèmes alimentaires actuels vers des systèmes agroécologiques diversifiés. Puisse leur message être entendu.

Photo : Fondation Ekibio

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